Théâtre

REVENANTES

Entre manigances et sorcellerie.

En 1609, le roi de France Henri IV, envoie deux magistrats en Pays de Labourd pour instruire des procès en sorcellerie diabolique. Il s’agit de Pierre de Lancre, un érudit, féru de démonologie et Jean d’Espagnet conseiller d’État auprès du roi. Celui-ci leur donne les pleins pouvoirs pendant quatre mois, une courte période qui va profondément secouer le Pays Basque et rebattre les cartes entre la France et l’Espagne. Pourquoi Henry IV a envoyé ces deux hommes ? Qui sont les accusés ? Que cachent ces procès ? Pour répondre à ces questions trois femmes reviennent d’entre les morts, nous raconter leur vision de l’histoire.

 La figure de la sorcière reste encore prégnante dans notre inconscient collectif et portée par les mouvements féministes, elle connaît même un regain d’intérêt. Pourquoi les femmes s’emparent-elles de cette figure ? Qu’a-elle à nous dire aujourd’hui ?

La comédienne vient questionner notre intérêt pour cette sorcière romancée par les éditions jeunesses. En interprétant à tour de rôle, trois femmes qui reviennent du passé, elle nous raconte les procès qui ont eu lieu en 1609 au Pays Basque et met à jour, au fil de la narration, les enjeux de pouvoir et de politique qu’ils cachaient.

Ecriture et interprétation : Prunelle Giordano, d’après le livre de Claude Labat : Sorcellerie, manigances et sarabandes / Regard : Jean-Marie Broucaret / Costumes : Pascale Madonna / Décors : Prunelle Giordano et Grégoire Lavigne / Musiques : Léviathan de Flavien Berger / Tambours Chamaniques / Régis son : Corinne Li-Taï / Création lumière : Laurent Davaille / Production : La méchante Compagnie / Durée : 45 minutes
Le sabbat étant assez explicite, le spectacle est conseillé  à partir de 12 ans.

Les événements qui ont terrorisé la Côte basque en 1609 ont été maintes fois racontés et interprétés. À ma connaissance, personne n’a osé se mettre dans la peau des femmes qui ont vécu les faits et qui ont compris le jeu que le juge a conçu pour les accuser. Nicole Jacques-Lefebvre parle de “fascination réciproque” pour expliquer les interrogatoires du tribunal de Pierre de Lancre.

Magie du théâtre, Prunelle Giordano permet à trois femmes de traverser les siècles pour nous faire écouter leurs battements de coeurs. Mais avec Revenantes Prunelle ne fait pas oeuvre d’historienne, elle est femme et cela lui suffit pour traduire avec justesse ce que les soi-disant sorcières du 17e  siècle portaient en elles : leurs interrogations, leurs sentiments, leurs intuitions sur les mobiles du juge mais aussi, pour l’une d’elles, les manigances à l’origine de la chasse aux sorcières.
Claude Labat